Saint-Nicolas et son âne

l'âne de saint-nicolas

Comme un avant goût de Noël, le 6 décembre, on fête la Saint-Nicolas.

Dans de nombreuses villes, des défilés sont organisés à cette date. Saint-Nicolas y apparaît, accompagné de son âne. Il distribue des pains d'épices et des cadeaux aux enfants qui ont été sages pendant l'année. Mais attention, le Père Fouettard qui l'accompagne est toujours prêt à gronder les enfants turbulents !

À l'origine de cette tradition, il y a un personnage historique : Nicolas de Myre, né entre 250 et 270 dans le sud-ouest de l'actuelle Turquie. Il succéda à son oncle comme évêque et fut apprécié pour sa bienveillance et sa générosité envers les enfants, les veuves et les gens faibles. Persécuté puis exilé par l'empereur Dioclétien, il ne reprendra sa place d'évêque qu'après le rétablissement de la liberté religieuse, en 313. Saint-Nicolas serait décédé le 6 décembre 343 après avoir accompli de nombreux miracles.

On raconte qu'il aurait doté trois jeunes fille pauvres en jetant trois bourses d'or dans leur cheminée en décembre. Ou bien encore qu'il aurait su convaincre des capitaines de bateaux pour qu'ils déchargent un peu de grain dans son pays en proie à la famine. Mais l'histoire la plus fameuse est celle des trois petits enfants. Perdus, ils auraient demandé l'hospitalité à un boucher qui les aurait alors tués et mis au saloir. Saint-Nicolas passant chez cet homme sept ans plus tard aurait insisté pour manger le petit salé préparé quelques années plus tôt. Le boucher se serait alors enfuit et Saint-Nicolas aurait ressuscité les enfants.

Une chanson traditionnelle française raconte cette histoire, et c'est le poète Gérard de Nerval qui l'a recueillie et rendue populaire en 1842 :


« Ils étaient trois petits enfants

Qui s’en allaient glaner aux champs.

Tant sont allés tant sont venus,

Que sur le soir se sont perdus.

S’en sont allés chez le boucher :

Boucher voudrais-tu nous loger ?

 

Entrez, entrez petits enfants

Il y a d’la place assurément.

Ils n’étaient pas sitôt entrés,

Que le boucher les a tués. 

 

Saint Nicolas au bout d’sept ans

Vint à passer dedans ce champ,

Alla frapper chez le boucher :

Boucher voudrais-tu me loger ?

 

Entrez, entrez, Saint Nicolas,

Il y a d’la place, il n’en manqu’ pas.

Il n’était pas sitôt entré

Qu’il a demandé à souper.

 

 


On lui apporte du jambon.

Il n’en veut pas, il n’est pas bon.

On lui apporte du rôti.

Il n’en veut pas il n’est pas cuit. 

Du p’tit salé je veux avoir,

Qu’il y a sept ans qu’est au saloir.

Quand le boucher entendit ça,

Bien vivement il se sauva.

 

Petits enfants qui dormez là,

Je suis le grand Saint Nicolas.

Le grand saint étendit trois doigts,

Les trois enfants ressuscita.

 

Le premier dit : J’ai bien dormi.

Le second dit : Et moi aussi.

A ajouté le plus petit :

Je croyais être en paradis.

 

Refrain... »


Saint-Nicolas est devenu au fil du temps le saint patron des enfants, des navigateurs, des prisonniers, des avocats, des bateliers, des enseignants, des voyageurs...

Particulièrement vénéré en Lorraine, on trouve une grande basilique qui lui est dédiée à Saint-Nicolas-de-Port. C'est dans cette région que l'on fabrique depuis fort longtemps, en décembre, des pains d'épices à son effigie. Parfois même on le représente assis sur son âne gris.